Les enrobés tièdes

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Lors de son assemblée générale du 1er mars 2012, l’USIRF a exprimé sa volonté de recourir systématiquement aux enrobés tièdes pour les opérations de travaux routiers ou de voirie.

Voir les recommandations de l’Usirf

Dès le début des années 2000, apparaissent des techniques bitumineuses dites tièdes.

Les retours d’expériences en provenance des chantiers réalisés en France et l’observation des pratiques d’autres pays attestent aujourd’hui de la maturité de ces produits.

L’utilisation de ces enrobés tièdes progresse aux USA, en Europe, et plus timidement en France, malgré une volonté affichée dans la Convention d’engagement volontaire signée en 2009 par les entreprises routières, avec l’État et l’Assemblée des départements de France.

 

Pays % d’enrobés tièdes
USA** 30,0 %
Finlande* 16,7 %
Suisse* 14,7 %
France** 3,3 %

* données 2010
** données 2011

Tout en garantissant des performances identiques à celle des enrobés à chaud, le choix des enrobés tièdes permet :

  • De réduire l’énergie nécessaire à leur fabrication
  • De diminuer les émissions de gaz à effet de serre (CO2)
  • D’améliorer les conditions de travail, par la diminution de la température des enrobés bitumineux et ainsi, par la suppression des émissions de fumées.

Technique des enrobés tièdes

En France, les enrobés tièdes sont des enrobés fabriqués en centrale d’enrobage à chaud. Leur température en sortie de malaxeur est inférieure d’au moins 25°C et jusqu’à 70 à 80°C (selon les procédés), par rapport aux enrobés à chaud. Ces techniques présentent une meilleure maniabilité et augmentent l’aptitude au compactage des mélanges bitumineux à une température donnée.

Les enrobés tièdes sont conformes aux normes européennes sur les enrobés à chaud : NF EN 13108-1 [2], NF EN 13108-2 [3] et NF EN 13108-7 [4].

Actuellement, on peut classer les techniques d’enrobés tièdes en 3 grandes familles de processus :

  • Additivation du bitume par ajout d’additifs ou liant pré-additivé prêt à l’emploi permettant une maniabilité égale à température plus basse
  • Effet demoussage du bitume, pour le rendre plus fluide à température plus basse (avec ou sans additifs)
  • Enrobage séquencé (double enrobage) par utilisation de liant mou pour pré-enrober les granulats puis un second sous forme de mousse.

Certaines de ces techniques associent plusieurs de ces processus.

Les études de laboratoire suivent le même processus que pour les enrobés à chaud : même niveau, mêmes essais et mêmes spécifications.

Les avantages

Les enrobés tièdes permettent de :

  • Réduire la consommation énergétique de la production.
  • Limiter l’empreinte environnementale (GES).
  • Limiter la consommation des ressources non renouvelables (gaz, fuel).
  • Améliorer les conditions d’usage sur les chantiers, tant pour les opérateurs que pour les riverains par la suppression des émissions de fumées liées au bitume.
  • Favoriser leur application par temps frais, en élargissant donc la période de l’année où l’on peut les mettre en œuvre.
  • Diminuer notablement la gêne occasionnée par les travaux en améliorant la vitesse d’exécution et la remise sous circulation, plus rapide.
  • Augmenter éventuellement le taux d’introduction des agrégats d’enrobés.

Un autre intérêt, directement lié à cette diminution de la température d’enrobage, est le moindre vieillissement du bitume.

Bibliographie

[1] NF P 98-149 : Enrobés hydrocarbonés – Terminologie – composants et composition des mélanges – mise en œuvre – produits- techniques et procédés.

[2] NF EN 13108-1 : Mélanges bitumineux – Partie 1 : Spécifications des matériaux : les enrobés bitumineux.

[3] NF EN 13108-2 : Mélanges bitumineux – Partie 2 : Spécifications des matériaux : les enrobés très minces.

[4] NF EN 13108-7 : Mélanges bitumineux – Partie 7 : Spécifications des matériaux : les enrobés drainants.

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