Tous les clignotants sont au rouge. Il y a urgence à agir

L’industrie routière française qui représente 1400 entreprises, 15 Milliards € de chiffre d’affaires et 90 000 emplois locaux est en crise : en 5 ans elle a perdu plus de 20 % d’activité et 10 000 emplois.

Mais le pire est à venir.

Les prises de commande sont en chute libre, le carnet de commande pour l’année 2014 en retrait de 20%, les délais de paiement s’allongent, les embauches de jeunes et de jeunes en alternance sont au point mort. Cela fait craindre une perte supplémentaire de 10 000 emplois à la fin de l’année et de 30 000 emplois d’ici 2017 !

Dépendant à 70% de clients publics (Etat, Départements, communes et communautés de communes) l’industrie routière est touchée de plein fouet par la crise des financements publics (substitution de l’écotaxe par des péages de transit dont le produit financier attendu sera très en-deçà des besoins de l’AFIFT, baisse de la dotation globale de l’Etat aux collectivités locales, diminution des budgets d’investissement…).

Le projet de réforme territoriale qui prévoit en 2017 des transferts de gestion des routes départementales vers les régions et les communautés de communes risque d’entrainer, si rien n’est fait, un attentisme généralisé des donneurs d’ordre .

La baisse régulière des crédits d’entretien atteint un niveau inquiétant qui compromet la pérennité des réseaux, la sécurité des usagers et risque d’entrainer de très lourdes dépenses de remises en état dans quelques années, à l’image de ce qui s’est passé sur le réseau ferroviaire.

Face à cette situation sans précédent, l’USIRF demande au gouvernement de :

–         Débloquer le plan de relance autoroutier de 3,5 Milliards d’€ en cours d’examen à la Commission européenne.

–         Engager rapidement un plan de relance, pour compenser la perte de recettes de l’écotaxe ; un dispositif analogue au Fonds Spécial de Grands Travaux (FSGT) mis en œuvre en 1982, par le gouvernement Mauroy, gagé sur deux centimes de TIPP supplémentaires, rapporteraient 1 milliard d’euros.

–         Mettre en place un dispositif transitoire dès la Loi de Finances 2015 encourageant les collectivités locales à continuer à entretenir et moderniser leur réseau (remboursement anticipé de la TVA …) dans l’attente de la mise en place effective de la réforme et des transferts.

–         Faire de la réforme territoriale une belle opportunité pour mettre en place une gestion du réseau routier moderne, innovante et économe des deniers publics, en donnant de façon durable, aux futurs gestionnaires, les moyens d’assurer l’entretien et la modernisation du réseau (affectation d’une partie de la TIPP, des produits des péages de transit, droit de percevoir des péages d’infrastructures ou de congestion, contrats de services de performance, etc).

Ce paquet de mesures permettrait d’enrayer des pertes d’emplois, inéluctables sans réaction des pouvoirs publics, dans l’attente du retour de la croissance, en redonnant une perspective aux entreprises tout en assurant un minimum de maintenance du réseau routier français, un réseau essentiel pour nos concitoyens et un patrimoine exceptionnel pour notre pays.

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